La transformation digitale dans l’énergie

Transformation Digitale

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde hyperconnecté, c’est un fait indéniable. Les individus ne cessent de se procurer des objets de plus en plus connectés avec une technologie plus puissante que la précédente à chaque nouveauté venant des firmes du monde entier, et ce de plus en plus rapidement. Aujourd’hui, ce sont plus de 2 milliards d’individus qui possèdent un smartphone dans le monde entier.

Ainsi, face à l’invasion dantesque du digital dans la société, les entreprises de différents secteurs ne désirant pas être dépassées par les événements n’ont désormais qu’une seule expression en tête : la transformation digitale. En effet, celle-ci est devenue au fil du temps une priorité des comités de direction des différentes organisations, voire même un impératif stratégique pour certaines d’entre elles.

Amazon & eBay : Précurseurs de la transformation digitale

La transformation digitale des entreprises peut s’effectuer de diverses manières. En effet, elle peut concerner les produits, les services, les politiques d’innovation, les modes de travail des employés, la culture de l’entreprise, les canaux de diffusion, business-modèle, etc. Les sites d’e-commerce tels qu’Amazon ou eBay sont précurseurs de cette transformation digitale, nul n’osera prétendre le contraire. Dès les années 90, Amazon réussissait déjà à faire cohabiter économie traditionnelle et économie numérique.

Ainsi, nous avons d’un côté ces entreprises en avance sur leur temps, qui ont réussis à adopter une culture digitale depuis de nombreuses années, et de l’autre les nouvelles start-ups qui se construisent autour de cette culture 100 % digitale et qui s’épanouissent avec ce nouveau mode de développement. Entre les deux, nous avons quelques secteurs pour qui la transformation digitale est loin d’être aussi évidente.

La transformation digitale dans le secteur de l’énergie

Parmi ces derniers se trouve le secteur complexe de l’énergie. En effet, avec la rapidité et la diversité des innovations digitales, la question du choix des investissements dans ce secteur représente sans aucun doute une grosse difficulté pour les innovateurs des entreprises d’énergies. Ainsi, cela nous amène à la problématique suivante : quelles sont les priorités pour réussir la transformation digitale chez les entreprises d’énergie ?

Contrairement aux dirigeants opérants dans une organisation établie et qui se réfèrent aux modèles économiques connus de tous pour guider les décisions d’investissement, les innovateurs s’aventurent en terre inconnue et cherchent à découvrir un nouveau modèle économique. Ces derniers ne peuvent donc pas se référer aux modèles précédents pour déterminer une stratégie d’investissement. Leurs décisions reposent en règle sur un mix composé d’intuitions, convictions, analyse et incertitude né des aléas de circonstances.

Ainsi, comment identifier les priorités d’innovation et s’assurer d’investir dans les meilleures conditions ? Comment déceler les projets qui méritent un apport financier ?

Les fondateurs du courant « Lean-Startup » préconisent de consacrer la moitié des ressources financières à la compréhension des problèmes des clients. L’autre moitié doit être exclusivement dédiée à l’édification d’une solution, sous la forme d’un produit ou service, afin de résoudre le problème en question. Cela évite de consommer des ressources dans des produits ou services qui ne répondent à aucun besoin. Cependant, cette approche ne nous apporte aucune réponse quant à la priorisation des projets d’innovation.

En effet, cette question est particulièrement importante, surtout dans le domaine de l’énergie qui connait de nombreuses évolutions ces dernières années. L’essor des énergies renouvelables, le changement climatique et l’utilisation de blockchains laissent entrevoir de nouvelles opportunités pour les innovateurs, pouvant ainsi remettre en cause leurs positions établies.

Afin d’identifier clairement ces opportunités d’innovation, il faut tout d’abord analyser les activités de production dans les entreprises d’énergie et déceler celles qui sont à la fois importantes, peu satisfaisantes avec les moyens actuels, présentes dans l’ensemble des filiales des énergéticiens et qui représentent un volume de dépense conséquent.

Transformation Digitale

Une fois ces activités identifiées, il est indispensable de connaitre les opportunités d’amélioration qui peuvent être mises en place pour augmenter l’efficacité et in fine permettre une transformation digitale de ces entreprises.

Tout d’abord, la flexibilité est la première opportunité d’amélioration. En accélérant et en énergisant les voies de progrès, cela permet d’acquérir une agilité et une rapidité supérieure. La flexibilité représente le principal challenge de la transformation digitale dans le secteur énergétique.

Ensuite, il faut créer un portfolio varié de projets, afin de pouvoir collaborer avec un écosystème beaucoup plus riche, composé de grosses entreprises comme de petits acteurs. Cependant, on ne peut pas s’adresser à une grande organisation du CAC 40 comme on s’adresse à une entreprise naissante. Il existe donc une réelle opportunité de diversification des fournisseurs et de co-création avec les startups.

Enfin, il existe des opportunités d’adaptation du référentiel technique. En effet, face aux nouveaux enjeux de l’exploration et production, il est nécessaire d’adapter ce référentiel face au monde qui ne cesse de changer constamment.

Ainsi, après avoir identifié ces opportunités d’amélioration, il faut réussir à déterminer les activités de production pouvant être optimisées. Pour enclencher le processus de transformation digitale dans les entreprises énergétiques, il faut prendre 3 tournants essentiels :

  • Premièrement, le digital commercial ou autrement dit, la dimension client. En effet, il est nécessaire de maintenir un contact direct avec les clients. Cela permet de contrer l’apparition de nouveaux concurrents sur Internet et faire face au risque de désintermédiation.
  • Deuxièmement, le digital industriel qui correspond à la dimension de performance opérationnelle.
  • Troisièmement, l’open innovation qui représente l’innovation digitale qui alimente la recherche et le développement. Dans l’industrie énergétique, tout bouge très rapidement, il faut en conséquence innover pour s’adapter. Cette innovation digitale offre aux grandes organisations la capacité d’avoir accès à de nouvelles idées, et ce partout sur la planète.

Il faut indéniablement consacrer davantage de ressources financières et humaines à l’innovation. De ce fait, il existe 2 grandes approches pour les équipes d’innovation :

  • Tout d’abord, l’approche « Techno-push ». Ce sont des innovations qui découlent des inventions technologiques pour aller vers le marché. Le producteur repère un nouvel avantage inconnu par les consommateurs et développe une solution en conséquence. Cela crée par la même occasion un nouveau marché pour le produit en question. Cette approche signifie que l’innovation est poussée par les équipes de recherche et développement, la production et les ventes, puisque l’on cherche à répondre au besoin des consommateurs dans un second temps.
  • La seconde s’intitule l’approche « market-pull ». Ce représente les innovations identifiées par les besoins du marché et qui correspondent à une demande précise. En effet, les innovations basées sur cette approche sont développées par la R&D pour répondre à un besoin précis identifié au préalable chez le consommateur.

Activités de production les plus répandues du secteur énergétique

Parmi toutes les activités de production de l’industrie énergétique, quelles sont celles qui sont les plus courantes dans le secteur ? A contrario, quelles sont celles qui sont les moins répandues ?

Comme dit précédemment, une diversité du portfolio est nécessaire pour pouvoir collaborer aussi bien avec les grandes entreprises qu’avec les récentes startups. Selon le rapport traitant des relations entre les grands groupes et les jeunes entreprises de croissance, réalisé par la société d’investissement Raise et Bain & Company et publié le 01 mars 2016, 100 % des grands groupes du CAC 40 ont mis en place des modes de relation avec les jeunes entreprises. C’est une énorme progression selon les dires de ce rapport, puisque seulement 30 % d’entre eux avaient mis en place ces dispositifs il y a 5 ans. Cette progression reste tout de même à nuancer puisque la plupart de ces grandes organisations ne sont qu’au début de la démarche. En effet, seuls 15 % d’entre eux sont considérés comme des experts de la relation avec les jeunes entreprises. Cependant, pour les autres entreprises du CAC 40, la marge de progression est élevée. En effet, selon l’étude 35 % d’entre elles n’ont développé que des relations occasionnelles avec les jeunes entreprises et 50 % d’entre elles sont encore en train de structurer l’approche qu’elles pourraient avoir avec ces entreprises naissantes.

Ainsi, grâce à ces travaux, on peut considérer que la collaboration et la co-création avec les plus petites entreprises représente une des activités prévalentes dont nous parlions précédemment. En effet, l’innovation en conjonction avec les startups peut être un vecteur pour diminuer les coûts de manière impérieuse, et, in fine, augmenter la performance globale de l’entreprise. Cette approche représente une des manières pouvant amorcer la transformation digitale des entreprises énergétiques. Il ne faut cependant pas oublier que le travail d’apprentissage reste assez long et ce pour tous les grands groupes.

Pour aller plus loin : http://theinnovationandstrategyblog.com/

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