PG&E : La rencontre entre Big Data et l’Internet des Objets

PG&E : La rencontre entre Big Data et l’Internet des Objets

Big Data : Comment l’entreprise de gaz et d’électricité, PG&E, maximise-t-elle la valeur des données générées par ses smart meters à l’échelle de la Californie?

Chez le fournisseur californien de service public Pacific Gas and Electricity Company (PG&E), les dirigeants aiment à rappeler qu’ils travaillaient déjà sur le concept de smart grids (réseaux électriques intelligents) bien avant que le terme ne soit à la mode.

Cette avance semble avoir payé pour l’entreprise : aujourd’hui, PG&E est le plus grand fournisseur de service public américain à avoir installé des smart meters (compteur communicant) dans tout son territoire de service, il couvre 18 hectares et 9,4 millions de propriétés résidentielles et commerciales. A ce stade, l’enjeu est d’exploiter la valeur des données produites par ces smart meters, un processus qui est déjà en bonne voie selon Jim Meadows, ex responsable du projet d’installation des smart meters qui aura duré 12 ans et actuel directeur de la recherche sur les smart grids chez PG&E.

Analyser les données produites par les smart meters de manière efficace est important pour plusieurs raisons : non seulement pour amorcer un changement dans les habitudes des consommateurs et atteindre un meilleur niveau d’efficacité énergétique, mais aussi pour leur fournir un service plus fiable et transparent, dit-il. La technologie smart meter mesure l’utilisation d’énergie par incréments toutes les heures ou tous les quarts d’heure, cela permet aux consommateurs de suivre leur utilisation tout au long du mois et leur laisse donc un plus grand contrôle sur leur facture d’électricité. Les données d’utilisation sont collectées par l’intermédiaire des réseaux de communication sans-fil et transmis au système d’information de PG&E, les données y sont stockées et utilisées pour la facturation et d’autres applications commerciales.

« Quand les gens comprennent comment ils utilisent le gaz ou l’électricité, ils ont les clés pour optimiser leur utilisation et constater un effet positif sur leurs factures et l’environnement. En parallèle, les smart meters nous offrent aussi plus de visibilité sur nos propres opérations, tout en baissant nos coûts de gestion et de lecture des compteurs » commente Meadows.

Gérer les pics

Prenons SmartRate pour exemple, les clients qui adhèrent à ce programme de PG&E reçoivent des réductions sur leurs factures s’ils arrivent à diminuer leur consommation pendant les ‘critical peak days’, un terme qu’utilise l’entreprise pour désigner les jours de pics de consommation.

Les ‘critical peak days’ sont limités au nombre de 15 par an, explique Meadows, mais ils ont évidemment lieu à des dates différentes d’une année à l’autre. Pendant une vague de chaleur, par exemple, PG&E contacte ses clients par téléphone, sms ou email pour les avertir qu’ils entrent dans une période de consommation critique. De cette manière, les consommateurs qui auraient été tentés de faire tourner leur climatiseur à fond peuvent résister à la tentation en choisissant d’aller à la plage ou au centre commercial à la place, dans le but d’obtenir des réductions sur leur consommation les jours normaux.

En outre, chaque client a maintenant accès à son propre portail en ligne PG&E My Energy, qui leur permet d’analyser leur utilisation d’énergie dans le temps de manière spécifique, mais aussi de la comparer à celle du voisinage et de se fixer des objectifs d’utilisation.

“Nous avons décidé très tôt de développer une plateforme où les données pourraient être traitées et perfectionnées dans un seul endroit puis apprêtées de différentes façons pour en faire une utilisation commerciale.”

Mais 9,4 millions de compteurs produisant chacun des données d’utilisation brutes une fois par heure toute l’année forment rapidement une montagne d’information : une illustration très concrète du concept de Big Data. Dans les faits, cela représente aux alentours de 2 terabytes par mois ou 100 milliards de relevés par an. Un élément essentiel du déploiement de smart meters de l’entreprise a donc été la mise en place d’une plateforme analytique, après pas moins de deux ans de travail pour pouvoir héberger toutes ces données.

La plateforme Interval Data Analytics (IDA) de PG&E est basée sur une data warehouse de Teradata, on peut y accéder depuis différents secteurs de l’entreprise par l’intermédiaire d’une variété d’outils analytiques qui incluent SAS Institute et Tableau Software.

« Nous faisons de notre mieux pour concentrer les forces de l’entreprise et des différents secteurs d’activité sur une plateforme unique » dit-il. « Historiquement, tous les départements auraient adopté leur propre approche et construit leur propre environnement analytique. Cette fois, nous avons pris la décision avisée de ne pas prendre cette direction en construisant une plateforme où les données pourraient être traitées et perfectionnées dans un seul endroit puis apprêtées de différentes façons pour en faire une utilisation commerciale. »

Des lampadaires intelligents

La demande vis à vis de la plateforme IDA a été très forte parmi tous les départements, il a donc fallu prioriser en fonction des besoins. « Nous devons absolument faire les choses de manière organisée parce qu’il nous serait tout simplement impossible de traiter tous les cas d’utilisation des données du jour au lendemain. » Au lieu de cela, PG&E a rassemblé sept des cadres les plus influents de l’entreprise pour former un panel de gouvernance qui décide quel cas d’utilisation sera traité en priorité en se basant sur sa valeur commerciale.

IDA fournira aussi les fondations pour une bonne partie des travaux de Meadows chez PG&E en tant que directeur de la recherche. « Notre hiérarchie a mis de l’argent de côté pour de vrais travaux de recherche appliquée sur l’efficacité énergétique. Cela veut dire que nous aurons l’opportunité de manipuler de nouvelles collections de données et techniques d’analyse mais aussi de collaborer avec les municipalités sur des travaux d’analyse » dit-il.

Une cible particulière de cette collaboration portera sur des projets de ‘lampadaires intelligents’, il précise qu’il y a environ 800 000 lampadaires dans la zone de service de PG&E, un quart d’entre eux sont directement sous la propriété de l’entreprise et le reste appartient au gouvernement. « En partageant nos données et en les analysant ensemble, nous serons capables de détecter des déséquilibres et de les corriger à des niveaux très locaux, tout en étant aussi capables d’optimiser l’utilisation de l’ensemble du parc de lampadaires. »

« Avec le niveau d’analyse à notre disposition, vous allez nous voir nous lancer dans bon nombre de nouveaux projets pour les trois à cinq années à venir,» assure Meadow. « Mais pas à notre seul bénéfice, nos interactions avec les clients seront-elles aussi plus ‘smart’ ».

source : http://www.i-cio.com/innovation/internet-of-things/item/pg-e-where-big-data-meets-the-internet-of-things

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