Pour General Electric, toutes les entreprises devraient être des sociétés de logiciels !

General Electric

Bill Ruh, directeur de la branche dédiée aux logiciels chez General Electric, partage son expérience sur les défis auxquels sont confrontées les entreprises qui se préparent à l’avènement de l’“Internet Industriel”.

Chez le géant industriel General Electric (GE), les cadres aiment utiliser le nom ‘big iron’ en référence aux énormes machines construites par l’entreprise : moteurs d’avions, locomotives, éoliennes et autres. Cela peut sembler naïf, mais à l’ère de l’Internet des Objets (ce que General Electric appelle l’Internet Industriel), les ‘big iron’ nécessitent aussi une ‘big’ expertise.

Pour profiter des opportunités que présente l’Internet des Objets, General Electric a effectivement eu besoin de se spécialiser dans les logiciels. Ceux–ci sont capables de collecter et d’analyser les données qui abondent des machines de l’entreprise équipées de capteurs. L’objectif est une amélioration de la productivité, de l’efficacité et de la sûreté. En tant que pionnier dans ce domaine, General Electric fournit non seulement des informations de qualité aux CIO qui se préparent à appliquer les technologies et les processus IoT à leurs opérations et leurs produits,  mais l’entreprise montre aussi comment les données qui en résultent peuvent être la source de nouveaux revenus.

« Il faut générer des retombées industrielles ! »

Cette initiative de General Electric a débuté en 2011 lorsque Jeff Immelt, directeur général de l’entreprise, a annoncé que l’entreprise allait investir 1 milliard de dollars dans l’Internet Industriel. Une part importante de cette somme a été dédiée à l’établissement d’une branche basée dans la Silicon Valley et dédiée au développement de services d’analyse prédictive pour les clients de General Electric. Dirigée par Bill Ruh, un vétéran de l’industrie, le General Electric Software Center compte environ 1200 ingénieurs logiciels qui ont introduit plus de 40 nouveaux services de données depuis la création du centre. Dans le même temps, cette affaire qui consiste à aider les clients à exploiter la grande quantité de données qui découle des équipements industriels vendus par l’entreprise rapporte déjà plus de 1,1 milliards de dollars par an à General Electric. D’ici l’an prochain, le PDG Jeff Immelt a prédit que ces revenus vont atteindre la somme de 5 milliards de dollars.

“Ce que l’on fait est incroyablement stimulant,” commente Ruh. “J’ai une équipe qui se réveille chaque jour enthousiasmée à l’idée de construire des logiciels qui vont provoquer de vraies avancées pour l’Internet Industriel.”

“On parle de l’Internet Industriel plutôt que de l’internet des objets parce que l’on veut exprimer de manière claire que notre objectif traite de retombées dans un contexte industriel. Puis-je générer plus d’électricité avec mes turbines à gaz ? Puis-je fournir un pipeline plus sûr pour acheminer le pétrole et le gaz ? Puis-je améliorer mon utilisation des scanners IRM pour être capable de diagnostiquer les patients plus tôt et de traiter leurs maladies plus efficacement ?”

Son équipe contribue aux affaires de General Electric de deux façons. Premièrement, elle collabore avec toutes les branches en les aidant à identifier des opportunités pour développer de nouveaux services digitaux pour les clients. Deuxièmement, ils travaillent directement avec les clients de General Electric en les aidants à comprendre comment appliquer l’approche Internet Industriel dans leurs propres affaires.

Quoi qu’il en soit, la plateforme logicielle développée en interne et nommée Predix est au cœur des efforts de General Electric. Elle connecte les actifs industriels au cloud, mais aussi entre eux. Elle est basée sur le standard open-source Cloud Foundry qui permet de construire des offres de platform-as-a-service.

“Pour nous, tout commence avec le cloud et le coût lié à la prestation de service sur un actif particulier,” observe Ruh. “Le cloud nous donne la possibilité de baisser les coûts tout en nous laissant l’opportunité de fournir un service à très grande échelle. En parallèle, Cloud Foundry nous apporte une plus grande flexibilité, parce qu’au moment du déploiement de ce genre de services il va falloir travailler avec différents fournisseurs de cloud privés et publics et il est important pour nous d’avoir la capacité de naviguer entre eux.”

« Le General Electric Software Center permet à l’entreprise d’avoir accès aux talents nécessaires »

Cependant, trouver les gens qui ont le savoir-faire nécessaire à la construction d’applications d’analyse sur Cloud Foundry n’est pas chose aisée, dit Ruh. Il classe cette base de compétence avec les “unicorn talents,” aux côtés de l’expertise de pointe en science des données et en cyber sécurité industrielle.

“Beaucoup de gens se font appeler data scientists. Ils ne le sont pas. Ce sont plus des experts en business intelligence, ce qui est bien, mais nous avons aussi besoin de vrais experts en statistiques, en machine learning ou en modélisation basée sur la physique,” dit-il. “Il en va de même pour les talents en cyber sécurité industrielle. Il faut être vraiment flexible et persévérant pour trouver et attirer ce genre de compétences.”

C’est la raison pour laquelle l’entreprise a décidé d’installer son General Electric Software Center à San Ramon dans la Silicon Valley, précise-t-il. “C’est pour avoir accès à ce genre de talents, des produits de la mentalité Silicon Valley. Par leurs origines, nos collaborateurs ont tous contribué à ce centre qui fait la richesse de la Silicon Valley : les start-ups, les universités et les entreprises technologiques.”

Les fruits de tous ces efforts se sont révélés surprenants, même pour Ruh. “Aujourd’hui, quand on vend une éolienne ou tout un champ d’éoliennes, on propose un logiciel, PowerUp, qui collecte des données à partir de capteurs dans les turbines. Il les combine avec nos connaissances dans le domaine de l’aérodynamique et change l’incurvation des lames de manière à ce que chaque éolienne s’adapte au vent qui la fouette. Cela permet aux opérateurs de générer 5% d’électricité en plus et de faire 20% de profit en plus par turbine. Ces résultats n’ont rien à voir avec ce qu’on a pu faire au sujet de l’environnement analogique. Tout est dû au logiciel.”

En parallèle, une application qui contrôle les pipelines de pétrole et de gaz permet aux opérateurs d’y voir plus clair quant à la performance de ces actifs. “En se basant sur les données, on peut contrôler et gérer les pipelines puis fournir de nouveaux modèles de risques aux opérateurs. Ceci leur permet d’identifier les zones à haut-risque d’un pipeline avec précision, mais aussi où un problème pourrait arriver ou encore quelle zone faut-il remplacer en priorité pour limiter les risques.”

L’Internet des Objets nouvelle génération

Pour le futur, Ruh prédit que trois nouvelles tendances vont émerger et contribuer à l’avènement de l’Internet Industriel :

  • La Robotique : “Nous allons être témoin d’une augmentation de l’utilisation des robots dans le monde industriel, ils vont réaliser des tâches d’inspection et de support sur le terrain. L’idée étant qu’un robot peut faire le sale boulot, les tâches dangereuses et pénibles qui sont réalisées par des humains aujourd’hui. C’est une façon d’augmenter nos efforts pour améliorer la sécurité.”
  • L’Analyse Vidéo : “L’utilisation de la vidéo comme un capteur va augmenter de manière exponentielle. La vidéo peut faire un aussi bon travail, parfois même un meilleur travail que l’œil humain quand il s’agit d’observer et d’identifier des problèmes avant qu’ils ne se produisent.”
  • Les Wearables : “Il s’agit de comprendre comment améliorer la capacité d’une personne à recevoir et envoyer des données pendant qu’elle travaille et ce même si elle porte un masque de protection et des gants volumineux. On parle de situations dans lesquelles même les tablettes les plus robustes ne sont d’aucune utilité. Les wearables destinés à des applications industrielles vont prendre une grande importance, mais vont aussi être très, très différents de ce qu’on peut observer chez le grand public. C’est un horizon que l’on tient vraiment à explorer.”

Les données collectées au sujet de ces trois tendances vont venir alimenter Predix, émulant ainsi des expériences industrielles plus riches et menant à de meilleures retombées pour General Electric, commente Ruh.

“Quand nous pourrons nous assurer que chaque actif fonctionne comme il le devrait et que chaque travailleur est en sécurité, nous aurons transformé le monde industriel. On aura provoqué la prochaine révolution industrielle. Il est vrai que ces deux sujets peuvent manquer de sex-appeal en l’état, mais ils vont faire gagner énormément d’argent à General Electric et à nos clients.”

Source : http://www.i-cio.com/innovation/internet-of-things/item/ge-shows-why-every-company-needs-to-be-software-company

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